Ouah.
Je me sens légèrement... Sonnée.

J'ai l'impression d'avoir vécu un genre de rêve. Un looooong rêve d'une semaine. Une parenthèse de bonheur loin, très loin de ma monotonie lycéenne. Ou plutôt, c'est maintenant que j'ai l'impression d'être hors de la réalité. Là. Maintenant que je suis rentrée à Villepreux et que je me rends compte que ce n'était que des vacances.
C'est drôle non? J'y ai vraiment cru. Un appart, une vie à deux, des distractions, des tâches quotidiennes... J'ai sincèrement cru que j'avais sauté 3 ou 4 ans. Pour une fois j'ai accepté le bonheur sans le remettre en question et en profitant de chaque seconde. Du coup j'y ai vraiment cru. Mais là je trouve que ça fait un peu mal quand ça s'arrête. Ah bah oui. Parce que je me suis trompée. C'est pas ça ma vie. Les rêves ça s'arrête. On est samedi soir, je suis rentrée, j'ai l'impression de pas totalement réaliser que c'est fini. J'ai plus tendance à penser à la montagne de trucs à faire que j'ai délibéremment ignorée pendant une semaine de bonheur pur. Quand j'aurais fini la prépa, j'habiterais avec Alex. Parce que c'est la plus belle chose qui puisse m'arriver.

Persepolis- Marjane Satrapis


" Pourquoi regardes-tu cet homme?
- Eh bien, parce que je le dessine.
- Oui mais tu n'as pas le droit de le regarder. C'est contre la morale.
- Que voulez-vous que je fasse ? Que je dessine ce monsieur en regardant la porte ?
- Oui."



Le bonheur est une chose qui se vit et se sent, et non qui se raisonne et se définit.


Manger une pierrade après avoir dansé pendant deux heures. Se réveiller à 4h17 et discuter pendant des heures. Se rendormir vers 6h l'un dans l'autre. Se lever à 7h36 pour se balader dans la brume humide du matin. Faire le cadeau d'un petit déjeuner surprise à ceux qu'on aime. Regarder Enfin Veuve en mangeant du poulet rôti. Passer l'aprem sous une couette. Trainer dans Shopi et croiser ses élèves au détour d'un rayon. Acheter des chips au crevettes et des ours à la guimauve. Et les manger bien sûr. Se blotir contre lui en regardant les Simpsons. Et puis aller se coucher. Se lever encore plus tôt que la veille pour aller se recoucher un quart d'heure plus tard. Faire un concours de croque-monsieur. Se disputer pour des conneries et comprendre les vrais problèmes du couple. Les régler. Parler. Se revoir. Rentrer sous la pluie.
S'aimer.

C'est drôle comme des tout petits bonheurs qui s'accumulent, ça fait les moments les plus heureux d'une vie.

Merci mon amour.


Apprendre à vivre... Ou comment se faire un délire pendant un cours sur le Konjonctiv eins


Je me sens bien. Pas fatiguée, heureuse. Je lis, je m'en sors en allemand, je bosse vraiment et ça marche. Même en histoire. Même avec une prof aussi naze qu'inutile comme la mienne. J'ai envie de sortir, de lire Manon Lescaut sous ma couette jusqu'à 3h du mat' quand il y a de la pluie dehors. D'aller à la fête de Suzon et de plus me reconnaitre. D'aller au ciné en ratant mon train à Versailles. De faire des trucs fous et improvisés. De passer du temps à parler, nue, sur un lit deux places. De re re re re re [...] re re re re lire Cyrano de Bergerac. Mais de le lire avec Alex. D'avoir une bibliothèque dans ma maison plus tard. De manger des cerises. De remonter la pente en art. De passer une semaine merveilleuse de vacances. De parler de littérature avec Claire. De me tapper des barres en allemand. D'aller en prépa à Sèvres. De réussir à faire une disserte de philo potable. D'avoir mon grand écart. De comprendre Pascal. De parler d'avenir.
Et surtout d'avoir confiance.
En moi. En elle. (Je dis pas "en lui" puisque c'est en lui que je place la plus grande confiance du monde). En mon avenir. En mes capacités. En la beauté de ma vie.


C'est tout.

Un roi sans divertissement.


J'ai envie de faire des trucs qui m'interessent vraiment. Ces temps ci j'ai l'impression de passer mon temps à faire des gâteaux sans gluten histoire de pouvoir becter quelque chose le matin et de bosser sur des cours qui ne m'interessent pas.
Ce matin, j'm'étais dit qu'à 10h maxi j'étais au boulot. Que j'allais me refaire ce cours d'Histoire parce que, de toutes façons j'ai pas le choix alors bon. Il est bientôt 2h. Je suis en train de regarder des blogs d'hypokhâgneux en train de bader sur leur prochaine kholle. Alors que je devrais bosser sur les millions de trucs que j'ai à faire en art. Pourquoi je les envie? Ils sont en train de souffrir, de galérer devant des profs qui leurs répètent qu'ils sont nuls et qu'ils n'auront jamais leur ENS. Parce qu'eux, au moins, ils ont choisit. Moi, je me fais chier. Je bosse pour mon bac, parce que j'ai pas le choix. Parce que j'aimerais bien avoir ces petites lettres à inscrire sur mon dossier. TB.

Quoi? On a tous le droit de rêver non? Si je fout pas tout en l'air en philo et que je réussi à me faire un dossier pas trop minable en art ce serait même possible. J'vous laisse. J'vais m'y mettre. 'Fin essayer quoi. J'viens de me préparer la parfaite trousse de la bosseuse (= thé brûlant, bouillotte, table éclairée, dicos en tous genres et évidemment affaires de cours). J'ai plus d'excuse pour procrastiner (okay. J'en avais déjà plus y a 2 heures mais bon...)


Et OUI, je suis blasée. Même si il y a pleins de choses qui me rendent quand même vachement heureuse en ce moment. J'en parlerais plus tard, là je préfère me plaindre.

Moi aussi j'ai eu un orgasme en criant "J'AI FINI MES TPE!!!!!!!!!!"


Ils sont jeunes, innocent, ils sortent du CDI.
Pourtant on les avait prévenus, ces pauvres petits premières. Ils nous avaient vu souffrir, ils avaient même anticipé leur douleur en passant leur été à maudire ces TPE de merde en se disant qu'ils allaient passer la pire année de leur vie entre le bac français (voir plus pour les L) et les travaux personnels encadrés. Et tout ça pour en arriver à quoi? A un jeune ado, sortant de ses deux premières heures de conférence où il a soigneusement appris à linker des sites internets et à cracher sur Wikipédia, qui dit à son pote

"Hé!! Mais en fait, c'est QUE pendant 6 mois!!!!!"

Ah! Ils sont tellement mignons! "Que" six mois... Dans 3 semaines ils se rendront déjà compte que ce n'est pas "QUE" 6 mois. Après avoir rit de la phrase "Bon... Vous réfléchissez à vos TPE pendant la semaine" de leurs profs, ils angoisseront de ne pas avoir trouvé de sujet au bout de 4 scéances. Ils se mettront à compter les semaines, les séances, les heures, mêmes parfois les minutes qui les séparent de la fin de cette épreuve. Ils se feront porter au grés des humeurs de leurs profs qui changent d'avis tous les 15 jours.
Mais ils n'auront même pas encore fait le pire. Vers Décembre, ils se sentiront heureux en se disant qu'il ne leur reste que 3 ou 4 séances. Sauf que non. Car au bout des TPE se trouve l'ORAL !!
LA première épreuve du bac, mystèrieusement fichée mi mars (???) Pour laquelle ils vont baratiner sur deux pages de synthèse en disant que
"Les TPE m'ont beaucoup apporté au niveau du travail de groupe (= merci, grâce à vous je peux plus saquer des potes que je connais depuis la maternelle) et de l'autonomie du travail sur une longue periode (= de toutes façon on a pas bossé pendant 4 mois et demi et après on a paniqué). Ca a été une expérience très enrichissante (= on s'est fait chier pendant 6 mois)"

Et puis ils bosseront pendant des week end entiers juste pour paufiner leur oral, se préparer aux questions et se répéter mutuellement 20 000 fois "T'oublies pas ta convoc', hein?? Promis??". Les filles mettront 3 jours à choisir quels vêtements ne feront pas trop tâche mais pas trop coincée non plus... Il faut impressionner le jury.
S'ils ont des potes en 1° dans d'autres lycées, ils les haïront d'afficher sur facebook "ouaiiiiiiiis! J'ai FINI mes TPE!!!!!". Et puis finalement, un soir, ça sera fini. Pour toujours. L'épreuve sera passée et on pourra oublier en paix ces 6 mois pénibles. Sauf que non. On a passé l'épreuve, on veut avoir les résultats. C'est là qu'ils apprendront qu'ils ne les auront pas avant le bulletin officiel de juillet parce que "c'est une note d'examen". Mais les profs de TPE les savent déjà, eux. Sauf qu'ils n'ont pas le droit de les dire. Les premières auront la rage une semaine, seront obsédés par ces notes si proches mais si lointaines. Et puis ils oublieront. Jusqu'à ce qu'ils entendent, arrivés en terminale, un simple
"Ouaaaaaah! Mais ça va être génial, en fait, les TPE"
d'un p'tit jeunot qui n'aura rien compris...